Déprime - Dépression - Troubles bipolaires

Déprime ou Dépression ?
Questionnaire
Vous vous sentez un peu ou carrément déprimé ?
Ce questionnaire peut vous aider à vous faire une meilleure idée de votre situation sans toutefois remplacer le diagnostic d'un professionnel.
Vous trouverez ici un inventaire pour évaluer un état dépressif : "l’Auto- évaluation du degré de dépression de Beck".
Ce questionnaire d’auto-évaluation comporte plusieurs séries de quatre propositions. Pour chaque série, lisez les quatre propositions, puis choisissez celle qui décrit le mieux votre état actuel.
Entourez le numéro qui correspond à la proposition choisie.
Si, dans une série, deux propositions paraissent convenir, entourez les numéros correspondants, vous ferez la moyenne.

0 - Je ne me sens pas triste.
1 - Je me sens cafardeux ou triste.
2 - Je me sens tout le temps cafardeux ou triste, et je n'arrive pas à en sortir.
3 - Je suis si triste et si malheureux que je ne peux pas le supporter.

0 - Je ne suis pas particulièrement découragé(e) ni pessimiste au sujet de l’avenir
1 - J'ai un sentiment de découragement au sujet de l'avenir.
2 - Pour mon avenir, je n'ai aucun motif d'espérer.
3 - Je sens qu'il n'y a aucun espoir pour mon avenir, et que la situation ne peut s’améliorer

0 - Je n'ai aucun sentiment d'échec de ma vie.
1 - J'ai l'impression que j'ai échoué dans ma vie plus que la plupart des gens.
2 - Quand je regarde ma vie passée, tout ce que j'y découvre n'est qu’échecs.
3 - J'ai un sentiment d'échec complet dans toute ma vie personnelle (dans mes relations avec mes parents, mon mari, ma femme, mes enfants).

0 - Je ne me sens pas particulièrement insatisfait(e).
1 - Je ne sais pas profiter agréablement des circonstances.
2 - Je ne tire plus aucune satisfaction de quoi que ce soit.
3 - Je suis mécontent(e) de tout.

0 - Je ne me sens pas coupable.
1 - Je me sens mauvais ou indigne une bonne partie du temps.
2 - Je me sens coupable.
3 - Je me juge très mauvais et j'ai l'impression que je ne vaux rien.

0 - Je ne suis pas déçu(e) par moi- même.
1 - Je suis déçu(e) par moi-même.
2 - Je me dégoûte moi-même.
3 - Je me hais.

0 - Je ne pense pas à me faire du mal.
1 - Je pense que la mort me libérerait.
2 - J'ai des plans précis pour me suicider.
3 - Si je le pouvais, je me tuerais.

0 - Je n'ai pas perdu l'intérêt pour les autres gens.
1 - Maintenant, je m'intéresse moins aux autres gens qu'autrefois.
2 - J'ai perdu tout l'intérêt que je portais aux autres gens, et j'ai peu de sentiments pour eux.
3 - J'ai perdu tout intérêt pour les autres, et ils m'indiffèrent totalement.

0 - Je suis capable de me décider aussi facilement que de coutume.
1 - J'essaie de ne pas avoir à prendre de décision.
2 - J'ai de grandes difficultés à prendre des décisions.
3 - Je ne suis plus capable de prendre la moindre décision.

0 - Je n'ai pas le sentiment d'être plus laid qu'avant.
1 - J'ai peur de paraître vieux ou disgracieux.
2 - J'ai l'impression qu'il y a un changement permanent dans mon apparence physique qui me fait paraître disgracieux.
3 - J'ai l'impression d'être laid et repoussant.

0 - Je travaille aussi facilement qu'auparavant.
1 - Il me faut faire un effort supplémentaire pour commencer à faire quelque chose.
2 - Il faut que je fasse un très grand effort pour faire quoi que ce soit.
3 - Je suis incapable de faire le moindre travail.

0 - Je ne suis pas plus fatigué(e) que d'habitude.
1 - Je suis fatigué(e) plus facilement que d'habitude.
2 - Faire quoi que ce soit me fatigue.
3 - Je suis épuisé(e) au moindre travail.

0 - Mon appétit est toujours aussi bon.
1 - Mon appétit n'est pas aussi bon que d'habitude.
2 - Mon appétit est beaucoup moins bon maintenant.
3 - Je n'ai plus du tout d'appétit.

Interprétation des scores :
- En dessous de 5, on considère que le score est normal
- De 6 à 10, on peut parler d'humeur triste ou d'état dépressif léger.
Le titre n°7 "Retrouver le goût de la vie "vous sera certainement utile dans votre cheminement. D’autres titres, selon des cas, pourront vous intéresser (anxiété, timidité, colère, sommeil, ...)
- De 11 à 19, le niveau dépressif est modéré. Il est alors recommandé de consulter un professionnel et éventuellement de vous faire aider.
- De 20 à 25, le trouble dépressif est important, Il est alors conseillé de consulter rapidement votre médecin traitant afin de chercher avec lui la meilleure solution pour passer ce cap.
- Au-dessus de 26, le trouble est très important et une aide médicamenteuse vous sera probablement aussi proposée pour accélérer votre guérison.

Source : Collet L. et Cottraux J. Inventaire abrégé de la dépression de Beck (13 items). Etude de la validité concurrente avec les échelles de Hamilton et de Widlocher. L'Encéphale, 1986, 12, 77-79. 

Les différentes dépressions
Il existe plusieurs sortes de dépression dont chacune exige une approche différente. Le type de dépression peut dépendre de l'âge ou d'un événement marquant voir traumatisant. Les médicaments qui peuvent être efficaces dans la dépression réactionnelle ne le seront pas dans la dépression saisonnière, d'où l'importance de faire le bon diagnostic. La dépression chez l'enfant se manifeste de façon, en outre, différente que chez l'adulte. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la dépression est un trouble courant qui touche 350 millions de personnes et qui deviendra d'ici 2020 la deuxième cause d'invalidité à travers le monde après les troubles cardiovasculaires.
En France, au moins 8% de la population entre 15 et 75 ans ont été touchés par la dépression.

Définissons brièvement certaines  formes de dépression.

La dépression saisonnière.
Cette dépression se produit essentiellement à l'arrivée de l'hiver (elle est assez rare et quasiment inexistante dans les contrées où il n'y a pas de changement de saisons c'est-à-dire vers l’équateur). Dans sa forme la plus légère elle peut être traitée par la luminothérapie. Elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. La dépression saisonnière doit être distinguée de la baisse de l’humeur à l’approche de l’automne ou de l’hiver qui n’est pas une maladie mais une sensation générale de morosité, une « baisse de régime » mêlée à une certaine tristesse.

La dépression réactionnelle
La dépression réactionnelle est une forme de dépression déclenchée soit par un événement qui a marqué, voire traumatisé, la personne soit par l’accumulation d’une pression psychique qui finit par devenir insupportable. Au cours d’une telle dépression l’on constate une humeur triste, parfois accompagnée de crises de larmes, une dévalorisation de soi, des conduites d’échec, des signes d’anxiété, une fatigue, le sentiment que tout est inutile, des difficultés d’endormissement ou de l’hypersomnie. Cette tristesse est sensible au réconfort venant de l’entourage. L’humeur au cours de cette dépression est fluctuante et a tendance à se dégrader en fin de journée. Cette dépression réagit plutôt favorablement aux antidépresseurs et à la psychothérapie. La dépression réactionnelle ressemble à la dépression caractérisée mais elle se présente de façon moins grave. On peut donc y trouver aussi des symptômes tels que le ralentissement moteur et psychique.

Episode dépressif après accouchement (post-partum)
Les symptômes, qui se manifestent dans le mois après l'accouchement, sont quasiment identiques à ceux de l'épisode dépressif majeur. Il s'agit là d'une dépression importante, parfois très grave, différente du « Baby blues » qui, lui, se manifeste par une sensation modérée de déprime. Le « Baby blues » est davantage le sentiment de ne pas pouvoir répondre aux exigences de la nouvelle situation. La jeune mère éprouve des doutes, une certaine anxiété. Le « Baby blues » est plutôt fréquent et se distingue nettement de la dépression post-partum.

La dysthymie ou la dépression chronique
Les symptômes de l'épisode dépressif majeur semblent envahir la personnalité et s'installent à demeure, souvent sous une forme affaiblie. La personne dysthymique a l'impression d'avoir toujours été déprimée, témoigne d'une perte de goût à la vie et à ses activités. Elle peut être irritable, « ruminer » le passé, se sentir triste, avoir des sentiments d'insuffisance, être pessimiste. La dysthymie peut durer de nombreuses années et si elle est traitée elle peut perdre de sa force voire disparaître. La dépression chronique est une manifestation plus forte des symptômes de la dépression que la dysthymie. Son traitement, le même que celui de la dysthymie, peut contribuer à atténuer les symptômes de la dépression, prolonger les périodes de rémissions, voire faire disparaître la dépression.

Le syndrome anxio-dépressif.
Des symptômes caractéristiques de la dépression apparaissent en même temps que des symptômes typiques de l’anxiété sans que l’on puisse décider si la personne est plutôt déprimée ou plutôt anxieuse. Tremblements, palpitations, sentiments d’angoisse, étourdissements, peur de l’inconnu ou du lendemain, oppression dans la poitrine, agitation intérieure, nervosité exagérée - tout ou une partie de ces symptômes se manifeste en même temps que des symptômes plutôt modérés de la dépression. A la différence de la dépression caractérisée l’on notera, par exemple, l’absence d’idée suicidaire, de grande souffrance morale, de forte culpabilité. Les troubles de la dépression caractérisée sont non seulement plus importants que ceux du syndrome anxio-dépressif mais ils sont aussi plus nombreux.

Les troubles bipolaires ou la maladie maniaco-dépressive.
Cette maladie est caractérisée par l'alternance d'une période dépressive et d'une période maniaque dans laquelle la personne est surexcitée et ne peut être calmée. Cette surexcitation se traduit par la capacité à rester éveillée des nuits entières, le besoin de parler sans cesse et le risque de dépenser son argent de façon incontrôlée parfois en faisant des chèques sans provision. Des épisodes de dépression et des épisodes maniaques peuvent se suivre pendant de longues périodes. Sur le plan médicamenteux cette maladie spécifique n'est pas traitée par des antidépresseurs mais par d'autres médicaments stabilisateurs de l'humeur dits thymorégulateurs tel le lithium.