Jalousie, maladie

La jalousie est provoquée par la peur de perdre la complicité installée avec un être cher. Elle envahit le quotidien, elle est un sentiment obsessionnel et l’entourage en pâtit. Lorsqu’elle devient de plus en plus intense, la jalousie manifeste un manque accru de confiance en soi mais aussi en l’autre. Elle est souvent la marque d’un fort sentiment d’insécurité.
Elle peut être définie comme une réaction exagérée sur un mode obsessionnel et agressif. Elle témoigne un sentiment d'insatisfaction de ne pas être à la hauteur, de ne pas être suffisamment aimé, la crainte d'être remplacé ou d'être abandonné. La personne jalouse ressent une profonde souffrance, un sentiment d'insécurité, en lien avec la crainte de la séparation, ce qui va avoir pour effet de générer des conflits dans le couple induits par des comportements négatifs dans un climat de tristesse et parfois même de détresse ou de violence, ce qui aboutit tôt ou tard à une rupture brutale et irréversible.
La jalousie maladive se traduit au travers de différents symptômes que sont :
- la paranoïa - Tout élément devient la trace d’une trahison. La jalousie est une émotion, La personne jalouse vit dans une inquiétude permanente, elle devient méfiante et soupçonneuse à l'égard de la personne aimée ce qui la pousse à l'intrusion, à la surveiller, à la contrôler dans ses attitudes, dans ses actes, dans ses mots et ses déplacements. Elle cherche des preuves, elle menace, elle crie, elle pleure, ce qui a pour effet de rendre la vie insupportable à celui qui la subit.
- traumatisme lié à l’enfance : il y a des familles où la jalousie semble passer d'une génération à l'autre, mais la génétique n'y est pour rien. C'est le résultat d'une éducation baignée dans un milieu où la jalousie tient bonne place, associée au caractère propice à la suspicion, au contrôle, voire à la paranoïa - de la personne. Au final, l'enfant se construit en apprenant à se méfier.  - manque d’estime de soi
- insécurité affective : qui peut parfois remonter à l’enfance. La possessivité et le besoin d'exclusivité, la personne jalouse éprouve le besoin de posséder uniquement pour elle la personne aimée, elle est terrifiée à l'idée de la perdre, elle s'attache à elle comme à une bouée de sauvetage, la peur fait partie de son quotidien, selon le degré d'intensité c'est une peur viscérale, la peur d'être abandonnée, peur de la rupture, peur d'être trahie, ses comportements témoignent une carence affective, ses besoins affectifs ne sont pas comblés, elle se rends compte qu'elle n'occupe pas la place qu'elle aimerait avoir.
- La dépendance affective, la personne jalouse a peur d'être abandonnée, elle souffre particulièrement d'instabilité affective, son bonheur est fragile car il dépend essentiellement d'autrui et lorsqu'elle est en manque d'affection elle ressent une profonde angoisse au point d'en être paniquée, se sentant souvent mal aimée, et même rejetée, elle va demander des preuves d'attachement.
- Le manque d'estime de soi, la jalousie est surtout basée sur un manque d'estime de soi, une perception de soi négative, un sentiment de peu de valeur, elle se sent menacé car elle se compare avec d'autres personnes du même sexe.
Lorsque jalousie rime avec souffrance, il importe de se faire aider.  La jalousie maladive ou pathologique se soigne par la psychothérapie. Elle  permet de travailler concrètement pour admettre sa jalousie, apprendre à la dire et mettre à jour ce qui la déclenche. Elle permet d’éclaircir l’origine de tous ces maux.
Le jaloux maladif est prisonnier d’une mauvaise idée, il se voit trahi par son conjoint et un tiers. Les autres ont beau se justifier, donner la preuve de leur innocence, lui n’entend rien, obsédé par des images de tromperie.
La jalousie relève d’une forme de paranoïa. Le paranoïaque n’a jamais tort. S’il est persuadé que sa femme veut le tromper, rien ne pourra l’ébranler.
Lorsque sa souffrance, est devenue trop forte et difficilement soutenable, elle peut l’inciter à consulter. C’est alors au thérapeute de lui faire prendre conscience du degré pathologique de sa jalousie.
Dans un premier temps, je tente d’aider le jaloux à prendre conscience de ce qu’il y a d’excessif dans sa manière d’agir et de raisonner. La personne jalouse doit reconnaitre qu'elle a un problème, la thérapie va lui permettre d'identifier ses peurs, les causes profondes qui ont structuré sa personnalité et de pouvoir déprogrammer ses comportements répétitifs et ne plus craindre l'abandon, elle doit prendre conscience que ses inquiétudes ne sont pas fondées, la jalousie n'est pas une preuve d'amour.
Aucun conjoint ne peut seul, aider le jaloux à sortir de son schéma obsessionnel. L’inquiétude de celui-ci demeure, incontrôlable, obsédante et, surtout, croissante :« On commence par lui jurer qu’on l’aime, qu’aucun autre ne peut nous attirer, mais ça ne suffit pas ». Après avoir elle-même suivi une psychothérapie, Laure, a fini par divorcer de son mari trop jaloux. Pour éviter les disputes, elle avait rompu avec tous ses amis, avait quitté son travail, jusqu’au jour où seule chez elle, à ne plus rien oser faire elle a eu une  dépression.

Alors même que Cathy, la victime du jaloux est enfermée, ne voit personne, son mari devient jaloux même de ses pensées et se dit : “Elle n’a pas l’air heureuse avec moi, elle pense forcément à un autre !” » .
Pour se débarrasser de ces mauvaises habitudes, le jaloux doit d’abord comprendre ce qui se cache derrière celles-ci. C’est ce que certaines thérapies, et notamment la psychanalyse, s’attachent à révéler en s’intéressant au passé du jaloux. Le rapport à la mère étant un rapport amoureux que l’enfant ne veut pas partager, la jalousie amoureuse n’est jamais qu’une réminiscence de cette relation vécue dans l’enfance.
Avec la psychanalyse, on explore en profondeur, entre autres, la peur de l'abandon, pour se libérer d'un désarroi de l'enfance. En effet, l'enfant apprend à se séparer: «le "syndrome d'agrippement" est surmonté à mesure que le petit progresse vers l'autonomie, fondée sur l'assurance de pouvoir revenir vers le nid maternel. Lorsque ce détachement ne se fait pas, ou s'il se fait brutalement, cela lèse la capacité à aimer. On apprend à se détacher de l'autre et à vivre cela comme une possibilité de développement, non comme un danger de mort. Bref, on réapprend à aimer et à se laisser aimer.
La jalousie tient d’abord au désir de posséder l’autre, le jaloux ne veut pas qu’il lui échappe. Derrière cette volonté d’emprise se cache un état de dépendance affective.
Le travail du thérapeute consiste alors à sortir le jaloux de cette relation fusionnelle en lui inculquant les principes de l’autonomie : Il s’agit de lui apprendre à s’épanouir seul, sans l’autre qui lui sert de substitut
Dès lors, un travail sur l’estime de soi s’avère nécessaire : si le jaloux ne se sent pas bien sans l’autre ou se croit sans cesse menacer de le perdre au profit d’un tiers, c’est parce qu’il ne se croit pas à la hauteur. Il se pense indigne de l’affection qu’il reçoit. Le jaloux va donc devoir travailler sur l'estime de soi et l'affirmation de soi, la relation devra être basée sur une relation de confiance mutuelle, en effet apprendre à avoir confiance en soi pour avoir confiance en l'autre pour pouvoir maitriser sa jalousie, elle devra également s'accorder une valeur, qu'elle apprenne à reconnaitre ses qualités individuelles et qu'elle se donne le droit d'être aimée pour ce qu'elle est sans être dans la comparaison et que toute personne du même sexe ne représente pas un danger pour elle, ce travail thérapeutique va lui permettre d'apprivoiser cette émotion excessive et de ne plus être dans cet instinct de possession et d'exclusivité mais au contraire retrouver la satisfaction pour vivre une relation de couple plus harmonieuse.
Selon les études, la jalousie est un sentiment qui s’accorde aussi bien au féminin qu’au masculin. Quant à la fréquence et à l’intensité de la jalousie, là encore, hommes et femmes sont à égalité. Les deux sexes se distinguent, en revanche, dans leur manière de réagir : « Les hommes se fâchent, les femmes dépriment ».
Souvent nous constatons que chez les femmes, la jalousie révèle un comportement hystérique et dépressif tandis que, chez les hommes, elle a un caractère paranoïaque et obsessionnel, ce qui la rend plus difficilement guérissable.

La psychanalyse considère la jalousie comme un reflet du désir inconscient de tromper l’autre. Parce que ce désir d’infidélité est insupportable, le jaloux s’en défend en l’attribuant à l’autre. Ce mécanisme, dit de projection, est difficile à accepter. Pour le jaloux, d’abord, qui n’admettra pas que ce sont ses propres désirs qu’il projette sur l’autre. Pour le conjoint, ensuite, qui risque de conclure : « C’est donc à moi d’être jaloux, puisque tu désires me tromper. » Les deux doivent alors admettre que ces désirs sont inconscients, donc sans lien avec la réalité.