Patricia le mensonge de tous les jours ou une mithonamie

Patricia vient me voir car elle est déprimée. Son fiancé vient de perdre son père. Elle est restée 3 mois a le veillée jour et nuit. Maintenant son fiancé veut se suicider; Elle a prévenu son responsable et bla bla bla bla. 
Un autre entretien nous apprends que c'est elle qui a sauvé sa mère d'un grave danger qu'elle courrait à cause de sa collègue et bla bla bla bla.
Elle est travaille le jour et en cachette elle travaille la nuit dans un service d'urgence , elle dirige un service pour les animateurs, bla,bla, bla.
Au fur et à mesure de ses propos les incohérences apparaissent dans les récits de cette jeune fille de 19 ans heroïne du film de sa vie. Visiblement elle écrit des scénarii ou transpirent cette souffrance, ce besoin de se refugier dans "un monde enchanté" où rien ne peut lui faire de mal, où elle résoud tout, où elle est la seule que l'on regarde.
Les entretients sont trés difficiles, trés déconcertants. Sans la brusquer il nous faut la replacer dans la réalité, il nous faut démonter avec une grande délicatesse ces histoires et ces rêves.
Patricia est une mythomane. Le repèrage de sa pathologie est trés difficile et souvent nous hésitons entre menteuse invétérée ou mythomane. Elle utilise le mensonge depuis l'enfance comme moyen de défense contre une trés grande fragilité psychique.
Le travail psychothérapeutique est  compliqué et c'est dans ces moments là ou le sens de notre travail mettre des "mots sur les maux" est à son apogé. Nous devons aider Patricia en la confrontant, doucement à son mensonge, évitant la surenchère du mensonge (c'est à dire la laisser trouver des explications à tout. Des explications toutes aussi mensongère). Il faut l'amener doucement à prendre conscience de l'incohérence de ses récits et l'amener à prendre conscience de sa pathologie, avec le risque de son départ brusque sous une raison fallacieuse.
Mais il ne fait aucun doute que ce travail va être long, trés long et surtout sans certitude de guérison totale.

La mythomanie est une maladie relevant de la psychiatrie. Les personnes atteintes de mythomanie peuvent chercher inconsciemment refuge dans le mensonge pour échapper à une certaine réalité. Elles sont nommées mythomanes
Elles n'ont souvent aucune conscience de mentir, n'arrivant pas à différencier la vérité de leurs propres élucubrations. La mythomanie tire souvent sa source d'un traumatisme psychologique ou d'une maladie psychiatrique. Une prise en charge psychiatrique ou psychologique peut aider à diminuer la mythomanie, mais bien souvent, les patients atteints n'ont pas conscience de leur trouble. 
La mythomanie se définit simplement par le fait de mentir sans même en avoir conscience.
Tous les mythomanes ne se ressemblent pas. Nous distinguons en effet 4 types de mythomanies :
-  la vaniteuse (la personne se vante)
-  l'errante (la personne ne cesse de fuir),
-  la maligne (compensation d'un complexe d'infériorité par des médisances)
-  la perverse (fabuler pour escroquer).
Un menteur n'est pas un mythomane
Attention aux abus de langages qui consistent à considérer comme mythomanes de simples menteurs. Nous sommes tous des menteurs, à des niveaux plus ou moins importants. Néanmoins, nous avons conscience de nos mensonges et de la raison pour laquelle on les utilise : pour éviter de blesser quelqu'un, tourner les choses à notre avantage, vendre ou arnaquer, etc.
Contrairement au mythomane, le menteur altère la vérité pour tromper délibérément l'autre. Un mythomane, lui, ment pour vivre, pour croire à ses propres mensonges. Il ne ment pas pour tromper les autres mais a besoin que les autres adhèrent à ce qu'il dit pour y croire lui-même. Il ne sait pas faire la différence entre la réalité et les évènements issus de son imagination.
Les enfants, tous mythomanes ?
La mythomanie est une véritable pathologie, qui peut également être le symptôme d'un désordre psychiatrique plus ou moins grave, névrotique ou psychotique. Comme la plupart des affections psychologiques, tout débute dans l'enfance où nous sommes tous des « mythos » en puissance. Vers 3 ou 4 ans, les enfants découvrent que les adultes ne savent pas tout, et donc qu'on peut les duper. Ils manipulent suffisamment bien le langage pour abuser les grands et obtenir ce qu'ils désirent : éviter une punition ou obtenir une part de gâteau en plus.
C'est la grande découverte du pouvoir du mensonge qui ne s'achèvera pour ainsi dire jamais. Puis, l'enfant se crée des histoires imaginaires et fabuleuses, des amis inventés pour se créer son propre monde dans lequel il est le roi. L'enfant croie vraiment à ce qu'il raconte et ça n'est pas inquiétant.
En effet, c'est une étape normale de l'enfance. Là où il y a tout lieu de s'inquiéter, c'est quand cette tendance tend à subsister à l'âge adulte. Néanmoins, tous les mythomanes ne se ressemblent pas.
Quelles sont les causes ?
Comme dans la plupart des affections psychiatriques, il est difficile de trouver une ou des causes bien déterminées expliquant les troubles observés. Néanmoins, il est communément admis par les psychiatres qu’un choc émotionnel grave peut être à l’origine de la fuite de la réalité du mythomane. L’annonce d’une maladie incurable, le décès d’un proche, échec sentimental, scolaire ou professionnel peuvent favoriser son apparition. 
Quels sont les symptômes ? 
Une tendance pathologique à altérer la réalité pour la rendre conforme à leurs propres attentes et à leur propre vision des choses. Le recours permanent aux mensonges est une façon pour le mythomane de fuir une réalité qu’il ne veut pas accepter. Il a besoin que les autres croient à ses fabulations pour y croire lui-même. 
Quelles sont les complications possibles ?
Il n’y a pas vraiment d’évolution à proprement parler de la maladie lorsqu’elle n’est pas symptomatique d’un trouble névrotique ou psychotique. Néanmoins, le repli sur soi du mythomane et sa déconnexion totale avec la réalité peuvent finir par avoir des conséquences plus ou moins dramatiques pour lui et/ou son entourage. Bien souvent, il est très difficile de déceler un mythomane car ses fabulations sont suffisamment bien construites pour devenir impossibles à repérer. Le vrai mythomane est celui qui n'est pas découvert. S'il l'est, il réagit la plupart du temps en trouvant d'autres mensonges, en continuant à fabuler de plus belle pour que sa réalité corresponde d'une manière ou d'une autre, à la "vérité". Mais parfois, la confrontation avec la réalité faite perdre la boule au mythomane  et la situation peut dégénérer en une situation sinistrement macabre.
Qui  consulter ?
Un psychologue clinicien ou un psychiatre.
Comment faire le diagnostic ? 
Reconnaître une véritable mythomanie peut s’avérer difficile, pour deux raisons. La première, c’est qu’il faut savoir discerner un véritable mythomane d’un simple menteur invétéré. D’autre part, bien souvent, les fabulations d’un mythomane sont suffisamment bien construites pour devenir impossibles à repérer, ce qui fait que le mythomane est rarement découvert. 
Quels sont les traitements ?
Il n’existe pas de traitement à proprement parler de la mythomanie.
Dans le cas où la mythomanie est décelée, alors quelle attitude adopter ? Le suivre dans ses aventures fabuleuses ou le dénoncer pour le forcer à accepter la réalité ? En fait, même les spécialistes n'arrivent pas à se prononcer sur la question, ceci d'autant plus qu'il est très difficile d'évaluer le degré de lucidité du sujet mythomane.
Suivre et accepter les mensonges du mythomane pour ne pas le blesser est contreproductif car de cette façon, il s'enfermera encore plus dans son monde imaginaire.
D'autre part, il ne faut pas non plus le forcer à accepter la réalité car c'est justement celle-ci qu'il a besoin de fuir, pour ses propres raisons qui l'ont conduit à se réfugier dans son monde imaginaire. C'est pour lui une question de survie que de s'échapper des réalités.
La meilleure chose à faire est de l'encourager à se faire conseiller par un psychologue. Seule, une analyse psychothérapeutique pourra aider le sujet à retrouver les causes enfouies dans son inconscient de sa maladie, et par là même, offrir une voie vers la guérison.